jeudi 26 juin 2008

Semaine du 16 au 21

Journée du 16… C’est l’arrivée de Jean Baptiste, le volontaire qui va travailler au WWF comme soutien technique du coordinateur de projet (ie Apollinaire). Le matin, au bureau il n’y a que Heritiana et moi, ma collègue est repartie ce matin. Jean Baptiste arrive avec Lala, le chauffeur du 4x4 dans l’après midi. On papote un peu et je découvre qu’il a passé un certain temps en Guyane française, où j’étais il n’y a pas si longtemps que ça… drôle de coincidence. On discute après du programme avec Heritiana… la semaine va être chargée, normal, on profite de la présence du 4x4. Au programme, le mardi : aller dans un village au sud du district pour aller voir une plantation de restauration forestière, mais surtout parce qu’il y a un souci de déforestation… Mercredi, jeudi et vendredi : direction Tratrambolo pour une formation en apiculture, une promenade vers les pépinières de Sakalava et la restauration de Tratrambolo.

Mardi 17, nous sommes effectivement allés voir la restauration forestière de Ankona. 3h de marche dans la journée et quasiment le double en voiture. On devait passer après discussion avec le maire de la commune de Ankarinoro (où se trouve Ankona) voir le maire de Fiadanana, la ville où habite Joanne, la volontaire de Peace Corp… Il est beaucoup trop tard pour cela lorsque l’on a fini la marche… dommage. Je rentre hyper tard au couvent… les sœurs sont inquiètes.

Mercredi 18, départ pour Tratrambolo. La vache ! Heureusement que l’on a un 4x4, sinon on ne serait jamais arrivés ! Il fait quelque peu humide et la route en terre s’avère être un énorme bourbier, sans les 4 roues motrices et la puissance du véhicule il aurait fallu faire ½ tour. Après être arrivés, le souci est que la formation apiculture est en suspens à cause d’un souci bureaucratique au WWF Tana. Les présidents des associations paysannes avec lesquelles le WWF travaille dans les communes de Miarinavaratra et Betsimisotra sont là, il y a même le maire de Betsimisotra… et pas de formation. Heureusement Heritiana est un pro de la communication et de l’impro. Il organise une réunion de planification des formations à venir… En fin d’après midi, on part voir la restauration forestière qui a été plantée à Tratrambolo. Sur le chemin on a l’occasion de voir la super cascade de ouf malade de Tratrambolo que je n’avais pas encore eu l’occasion de voir (photo à venir). Il parait qu’elle a un bon potentiel hydroélectrique. Sur le lieu de la plantation d’espèces autochtones, on « s’amuse » à compter les individus morts et les individus qui montrent signe de vie. Le soir, on est hébergés chez Rakoto, on a même le droit à une dégustation de Toaka Gasy (plus j’en goûte, plus j’élargis le panel de goûts…). Je tiens à préciser qu’il a fait moche toute la journée : un espèce de vieux crachin toute la journée avec des températures pas très hautes (mais je ne saurais pas dire combien).

Jeudi 19 : AR à Sakalava en passant par les 2 pépinières. Départ 7h30 (bah oui, surtout en brousse on vit avec le soleil, donc coucouche tôt et par conséquent lever tôt), parce que nous nous sommes mal compris avec le guide, il n’était pas au village à 7h, ce sera donc Rakoto notre guide, non que j’aie peur de me perdre (je crois que je commence à connaître un peu Sakalava, comme dirait Madame Rougeon : « comme ça vous aurez Sakalava (dans la version originale : le verrou glaciaire) dans les genoux »), mais je pense que c’est mieux par rapport aux personnes que l’on croise d’être accompagnés par un guide. La pépinière près de mon ancien camp commence à être remplie de sauvageons (NB : tous jeunes arbres de la forêt). Ah oui, j’oubliais de vous préciser : le crachin continue, tous les cours d’eau sont plus hauts que lorsque j’ai passé mes 3 semaines à Sakalava, avant même de rentrer dans la forêt mes chaussures sont trempées, ce qui fait que dès la première flaque en forêt je nage dans mes chaussures, mon pantalon se mouille peu à peu par effet de mèche. On va à la deuxième pépinière (je m’étale au passage 2 fois), les sauvageons sont stockés au milieu des bananiers au lieu des pépinières… On se fait un petit casse croûte pain, banane, cacahuètes (qu’ici ils appellent pistaches, allez savoir pourquoi, le mieux est de dire Voanjo, c’est encore plus simple peut être). On rentre direct sur Tratrambolo. Mine de rien départ à 7h30, retour à 13h15… bonne petite ballade, je suis trempée comme une soupe… Au lieu de rester à Tratrambolo, on décide de rentrer à Fandriana. Au passage on s’arrête dans un village pour voir la pépinière de sauvageons, celle d’orangers et les plantations agroforestières. Encore plus qu’à l’aller, heureusement qu’on a un 4x4 puissant et un chauffeur plus que doué. Quand je rentre au couvent les sœurs ont pitié de mon état et me font chauffer de l’eau chaude sur le champ pour que je puisse me réchauffer.

Vendredi 20, JB Lala et Heritiana rentrent sur Tana. Je préfère rester pour bosser. Je me retrouve toute seule au bureau du WWF parce que Lanto profite de la voiture pour aller à Ambositra. C’est pas grave j’ai du travail pour récupérer les points GPS manuellement étant donné que le logiciel pour récupérer les points GPS ne se trouve que sur le pc d’Apollinaire. Tant mieux, comme ça je peux travailler sur Google Earth (comme je n’ai pas de carte topographique, ce sera un début pour faire ma carte).

Samedi 21, le week end, je ne me lève pas plus tard, vivre avec le soleil est une hygiène de vie qui me convient. Le matin, je travaille jusqu'à ce que Joanne et Katie arrivent. C’est l’anniversaire de Joanne aujourd’hui. On se ballade tranquillement dans Fandriana pour la fin de matinée. Chris nous rejoint chez Erin (qui est repartie aux States pour se faire 3 semaines de vacances). On va manger chez Sariaka (il y avait du poisson !). Puis Chris nous quitte, il doit rentrer chez lui pour suivre un cours de cuisine. Avec Katie et Joanne on va au couvent car j’ai commandé un gâteau pour l’anniversaire de Joanne. Après cette dégustation, Joanne et Katie vont à Fiadanana, je ressors : je les accompagne puis je vais vers l’Alliance française car Vincent organise un tournoi d’échecs. J’aurais bien participé si je n’avais pas de travail… (même si je sais que j’aurais été éliminée rapidement.) . Je veux le voir parce qu’il m’avait dit que si j’avais besoin de traducteur il pourrait me conseiller des gens, j’avais juste oublié de lui préciser que j’avais besoin d‘un traducteur pendant 2 semaines en brousse… Je ne suis pas très maligne parfois. Après je rentre au couvent. On va à la messe chez les autres sœurs. Je vais rester demain au couvent pour travailler, mais j’apprends que toutes les sœurs sauf une se font un dimanche vacances à Antsirabe.

15 juin 2008

Voici après coup, en fin de journée, le déroulement de mon anniversaire. Ah oui, sur la photo de mon anniversaire : de droite à gauche : Heritiana, ma binôme, Joanne, Chris, Erin et moi-même, la photo étant prise par Adam, le copain de Erin.

La journée a commencé tôt, comme tous les jours au couvent : 6h30 (en fait les chants des sœurs m’ont réveillé à 6h00, mais c’est plutôt agréable comme réveil).

Douche petit dèj et départ. Sœur Edwige m’a proposé d’aller à la prière avec elles ce matin. Euh… pour moi c’était une vrai messe, j’ai pas saisi la différence (sauf que la messe ici dure 2h !!! sans compter la vente aux enchères de gâteaux à la fin…). C’était une messe très vivante, avec beaucoup plus de chansons que chez nous (je suis catholique pas super pratiquante). Pour les textes je pouvais comprendre parce que Sœur Mariette m’a prêté un petit livre où il y a les textes liturgiques pour tous les jours de la semaine. Pour être honnête, j’ai rien capté aux chansons et à l’homélie, mais bon c’est comme ça. J’essaie de chanter un peu mais c’est difficile la prononciation n’est pas exactement comme je l’attends et le rythme des chants est très rapide.

A peine on revient de l’église, il est l’heure pour moi de repartir pour aller chez Sariaka, l’hôtel où j’étais au début, et là où j’ai commandé mon repas d’anniversaire. Je prends mon ordinateur pour avoir un peu de musique de fond. J’arrive à l’hôtel un peu à la bourre (j’avais dit 11h), mais c’est pas grave, il n’y a personne à part les gens de l’hôtel… Depuis le matin j’ai déjà reçu un texto de Hervé, l’animateur du projet dans ma zone d’étude, de Tahiry, mon traducteur et de Ashild, la volontaire norvégienne qui ne peut pas venir. Chez Sariaka, je reçois un coup de fil de papa et maman, j’ai même un bon anniversaire de mes grands parents paternels de téléphone à téléphone (ils téléphonaient à mes parents pile poil à ce moment là). Joanne arrive ensuite pour m’annoncer que Adam, Erin et Chris sont encore chez Erin parce qu’ils ont un problème avec le gâteau, le four ne fonctionne pas tout à fait aussi bien qu’hier… On papote un peu, tout le monde est à l’heure malgache, ils arrivent tous vers midi. J’ai demandé à ma collègue de ramener la clé du bureau parce que je veux récupérer les enceintes de Lanto pour mettre la musique et Heritiane prend la moto pour que je puisse aller chercher la bouteille de toaka gasy que j’ai oublié au carmel.

On se retrouve finalement tous autour de la table, je fais goûter ce fameux toaka à tout le monde. Comme dirait Joanne, ‘the smell is much more horrible than the taste’. C’est quasiment de l’alcool à brûler, mais la femme de Rakoto (la personne qui m’a hébergé à Tratrambolo) en disait ‘Mamy be’, trop sucré. Pour ma part j’essaie même plus d’en boire pur, je mets du soda dedans, du bonbon anglais. Le repas se passe. En entrée carotte râpées, macédoine de légumes. Ensuite poulet au curry accompagné de riz. En dessert : salade de fruits accompagnée des gâteaux d’Erin sur lesquels nous mettons des bougies. C’est un mélange de manières de faire, il en est de même avec la langue : un savant mélange de français, anglais et malgache…

Après avoir fait un détour au fokontany d’Erin (pour faire de la paperasse : on peut dire ce qu’on veut des malgaches, mais le fokontany en question était ouvert, même le dimanche), je rentre au couvent. Je me relaxe un peu, je lis un bouquin que m’a prêté Joanne (un peu de pratique de l’anglais). Gauthier m’appelle à ce moment là. J’ai de ses nouvelles et j’ai la possibilité de parler avec Juliette et Noémie (mes cousines de Paris).

Les sœurs m’ont invité pour le dîner. Après la prière, à 19h, elles passent et frappent à ma porte. Un cadeau m’attend à ma place : une gentille carte et un petit tableau représentant un bouquet de fleur à partir de fleur séchées piégées dans une feuille de papier faite à la main. Après un bénédicité chanté en français nous passons à table. Au menu soupe puis riz accompagné de gratin aux carottes et lapin. Pendant le repas, elles me passent à la question : famille, travail… J’en ai même du mal à poser des questions sur elles. Elles sont admiratives de mon séjour en forêt, elles me disent que c’est pas du tout la saison pour faire du camping, qu’il fait beaucoup trop froid ! Au dessert, elles m’ont fait un gâteau. Elles me l’apportent en chantant en malgache (mais pas joyeux anniversaire, autre chose). Elles me demandent un petit discours avant que je coupe le superbe gâteau : type gâteau de yaourt avec de l’ananas décoré avec de la crème au beurre. Il y a enfin cette super tisane d’eucalyptus.

Quelle journée !

Quelques photos avec moi, oui, l’une d’elles est floue, mais on fait avec ce qu’on a ...

avec ma collègue on trône sur le sac de riz auprès du feu pour se réchauffer en un début de soirée bien frais et humide…

brochette de stagiaires

Photos encore


Bah oui, agronome avant tout…quand même !

Quelques Photos



Quelques trips photographiques avec la forêt de bananiers au milieu de ma zone d’étude (je suis pas photographe professionnelle non plus ne m'en demandez pas trop...)

Samedi 14 juin

Pour un jour de week end ma journée a été plus que remplie… Bon, je me lève tôt, je suis chez les sœurs, je vais pas leur chambouler la journée, quitte à me recoucher après m’être lavée et avoir mangé (pour la suite). Là, je me suis installée derrière le pc, et j’ai tapé la fin d’entretiens que j’avais laissé traîné. J’ai prévu de voir Joanne, la volontaire de peace corp et de manger à l’hôtel Sariaka et de voir Heritiana et ma binôme.

Après avoir repris le travail que je m’étais fixée, je me mets à retaper le vocabulaire que Tahiry m’a donné. Puis, je téléphone à Joanne pour savoir ce qu’elle fait. Elle passe me prendre au couvent car elle est entrain de donner un cours d’anglais (ce que tous les volontaires de peace corp finissent par faire apparemment…). Elle passe au couvent, on regarde des cartes sur mon ordi, parce qu’elle recherche désepérément des cartes des pistes et des routes près de chez elle : Fiadanana, elle m’a apporté un petit cadeau : des chewing gums américains et de coquillages. On repart en direction de chez Erin, elle est déjà partie au marché, donc on y va. On passe au passage chez Heritiana pour le saluer et lui donner rendez vous pour le déjeuner chez Sariaka. Après avoir fait un tour, je me rends compte que nous sommes bien dans une capitale de district (ce qui ne saute pas aux yeux quand il n’y a pas le marché). J’en profite pour acheter des annones (ou pommes cannelle) il y a des kaki mais ils sont durs comme des pommes ou à moitié pourris… On retrouve Erin et son copain Adam (un autre peace corp, mais qui travaille près de Fianarantsoa). Après avoir grignoté des oranges et des cacahuètes on se resépare, pour que Erin achète un petit foyer à charbon ainsi que du charbon et de quoi l’allumer, pendant qu’avec Joanne, on ira faire ses courses alimentaires. Passe le déjeuner. Avec Joanne et ma binôme, on se dirige en direction de la maison du couple de français de Fandriana, Joanne veut à tout prix me les présenter, et eux aussi veulent me connaître selon elle.

Marlène et Sébastien travaillent tous les deux à la grosse école de Fandriana. Ils sont formateurs de prof : elle en psychologie et français, lui en sport et éducation civique. Ça fait un an qu’ils sont là, ils repartent dans un an, ils prennent quand même des vacances en août si j’ai bien compris. Ils ont 3 enfants. En effet ils voulaient me connaître, ils disent ça fait du bien de rencontrer de temps en temps un français. Je pense que je repasserai les voir d’ici la fin de mon séjour.

Ensuite je rejoint Joanne et ma collègue malgache dans la maison d’à côté où vivent 2 norvégiennes qui travaillent à l’école normale, elle sont prof d’anglais. Si j’ai bien compris le truc, c’est en fait un échange entre 2 profs d’anglais malgaches et norvégiens, ça n’a pas lieu qu’à Fandriana, elles ont des compatriotes à Antsirabe. L’une se nomme Ashild et l’autre… je me rappelle plus, c’est pas très facile à retenir. On discute au chaud près d’une sorte de truc à mi chemin entre un poêle et une cheminée mais sans aucun tuyau de sortie, avec un verre de café. Elles attendent depuis ce midi leurs amies d’Antsirabe qui viennent à moto (départ d’Antsirabe à 9h00, il est 16h et elle ne sont toujours pas là… pour 80km c’est dur…).

On repart, car on ne veut pas se faire surprendre par la nuit. Joanne rentrera avec moi étant donné qu’elle va dormir chez son étudiant du matin (un vieil homme). Au passage on s’arrête chez Erin, elle a préparé un gâteau à la cannelle avec le foyer à charbon qu’elle a acheté et une marmite ingénieusement transformée en four (marmite 1/3 remplie de sable avec 3 boîtes de conserve pour poser le plat). C’est super bon, et c’est le premier gâteau qu’elle fait de sa vie ! Elle me fera des brownies pour demain.

Il est l’heure de rentrer, je retourne au couvent…

Autres stagiaires WWF

Lundi, Jean Baptiste, le volontaire, arrive à Fandriana. Il va loger chez Vincent. Je vais profiter de la voiture qui va aller avec lui pour retourner suivre une formation sur l’apiculture à Tratrambolo. Il reste pour un an à Fandriana, car il ne reste plus qu’un an de financement au projet s’ils ne trouvent pas de nouveau bailleur de fond.

Il y a une stagiaire sur le diagnostic agraire qui va arriver fin juin à Madagascar, donc on ne la verra pas à Fandriana avant juillet je pense.