mardi 5 août 2008

Pause

Ce vendredi j’ai rien fait à part prélever allègrement des films et de la musique du portable de JB, parce qu’il m’avait laissé son pc pour que je puisse faire du SIG, mais il a pas les couches qui m’intéressent. Si j’ai fait ma compta pour préparer les papiers pour quand je rentrerai à Tana, parce qu’il faudra que je rende les sous de trop et remplir plein de papiers relous. Enfin l’autre activité a été de voir avec Lanto comment je pouvais organiser mon veloma (soirée d’adieu, mais velouma veut juste dire au revoir).

Donc aujourd’hui j’ai passé du temps avec Joanne et j’ai fait mon marché (pour la première fois !!) pour donner les ingrédients à la nièce de Lanto. Et là c’est le soir et je raconte ma vie sur mon pc…

Demain je vais voir le groupe qui est allé à l’Est. Et apparemment je vais devoir faire une petite présentation de ma restitution.

Restitution à Kirisiasy ou Diarios de Motocicleta

On a fait la première partie du trajet en voiture, au passage à Miarinavaratra, on a pris le président du fokontany de Tratrambolo, car il se propose de coordonner les efforts pour Sakalava.

La suite du trajet en moto est assez hardcore. Le chemin est ravagé (je l’avais fait à pied mais c’était assez facile), je crois que c’est encore plus physique qu’à pieds. Il y a de la boue de partout, ça glisse énormément. Quand Heritiana trouve que le chemin est trop difficile, je descends et je suis en marchant ou en courrant parfois. Ah oui, j’oublie de vous dire, la moto n’est pas celle que Heritiana conduit d’ordinaire, elle est plus puissante mais il n’a pas l’habitude de son embrayage, et détail qui tue, cette moto a un démarreur électrique, mais la batterie ne marche pas ! Donc quand la moto cale, faut la POUSSER… Et elle est lourde la bougre ! (l’impression de lourdeur n’est peut être pas aidée par un sol glissant)

Bref bon an mal an, nous arrivons à Kirisiasy. Après un tour du marché nous trouvons l’adjoint du fokontany et les quartiers mobiles (la police municipale locale). Nous rassemblons les gens et faisons une restitution version courte au milieu du marché. Les gens sont très curieux. Avant de commencer on attendait encore une personne, les gens se sont approchés pour lire mes paper board. Les gens étaient très intéressés, ils étaient une bonne cinquantaine. Toujours pas de cultivateurs de Kirisiasy, peu de gens cultivant à Sakalava, mais tous cultivaient en forêt parmi mon auditoire. La discussion a été intéressante. Heritiana ne m’en a traduit que des bouts, mais là aussi les gens sont prêts à agir.

Après s’êtres restaurés et avoir remercié le chef fokontany de Tratrambolo. Nous sommes repartis. Qu’un seul calage au retour. On a mis 1h30 pour arriver à Miarinavaratra, heureusement ce n’était pas que de la mauvaise route. Une petite pause pour rendre le mégaphone au maire de Miarinavaratra et déguster un lait chez Mme Beby. On rentre enfin à Fandriana, c’est vrai que cette moto est vraiment puissante, on a l’impression de voler par rapport à la 125 (la c’était une 250). Heritiana a bien géré. On se prend l’apéro à l’hôtel Sariaka : toaka et brochettes de zébu.

J’ai l’impression d’avoir bien clôturé la partie terrain de mon stage.

Restitution à Miarinavaratra

Bon, comme souvent j’ai fait la nuit du power point… Sœur Mariette m’a aidé à traduire les diapositives de ma présentation. Mon but est d’avoir des jolies diapos en malagasy, de parler en français et que Heritiana répète en malagasy. Comme il y a la voiture, on transport le groupe électrogène, mon ordi et le vidéo projecteur.

La réunion est prévue à 10h… en fait le maire a fait une annonce en introduisant le nouveau médecin de la commune, donc la réunion n’a réellement commencé qu’à 11h30. Ce qui m’a arrangé : j’ai pu acheter des écrevisses, genre des grosses en plus, 400 Ar la pièce, vous êtes dégoûtés je suppose.

Elle s’est fini à 14h00 !!!!!!! J’avais trop la dalle ! Non en fait c’est super cool parce que les gens sont motivés pour faire quelque chose, pour replanter de la forêt au milieu du corridor. C’est fou, mon stage a servi à initier un mouvement ! Mission accomplished (beaucoup plus que ce dont je pouvais rêver…).

Je suis rentrée extraordinairement tôt, mais immédiatement il fallait préparer les paper board pour ma restitution à Kirisiasy, parce que là bas, on ne peut y aller qu’en moto, hors de question de trimbaler le groupe électrogène.

Restauration forestière

Samedi, Daniel Vallauri, l’expert WWF en restauration forestière est arrivé à Fandriana, accompagné de la nouvelle stagiaire : Julia, elle est de la fac mais a suivi les cours de la spé dev à l’INA (ooooops, AgroParisTech site Claude Bernard). Daniel va faire un tour dans le paysage coté Est et coté Ouest. Je vais en profiter pour lui montrer ma zone de travail : Sakalava !

Dimanche, Lanto m’a invité chez elle pour le déjeuner dominical avec ses enfants. C’était très sympa. Son aîné, Manitra, m’a demandé des conseils car il commençait ses épreuves du bac le lendemain.

Julia pour sa part va faire son stage coté Est (de l’autre coté du corridor forestier par rapport à moi).

En gros le programme est que pour tout le temps où Daniel est ici, il va y avoir des tours dans le paysage. Dimanche c’était au Nord. Lundi on est partis pour Ambenanindrano pour voir l’essai de restauration. On a enchaîné sur la restauration de Iaramena, pour arriver, dans l’après midi à Tratrambolo. Le camp a été dressé sur le terrain de foot. Le soir on a mangé avec le président du fokontany (à qui j’ai posé encore quelques questions pour mes enquêtes… hihi, maligne la fouine). On a bu du toaka pour qu’il fasse beau à Sakalava. Ce soir là, Apollinaire m’a dit que je marchais plutôt bien, qu’il était étonné que je marche aussi vite. Faut dire que j’ai eu un peu d’entraînement…

On est partis pour Sakalava, dans le brouillard au départ, mais nous avons rapidement eu du beau temps pour la suite. J’ai quitté avec Heritiana et Hervé le groupe qui partait à l’Est le midi car je devais encore travailler pour préparer mes réunions de restitution, le lendemain à Miarinavaratra et le surlendemain à Kirisiasy.

Fin du terrain

Le mercredi, je suis restée au Marché de Miarinavaratra pour le voir un peu m’y balader, voir ce qui se vend. Le tout avec un visite guidée de Chris. Miarinavaratra revêt une allure radicalement différente lors du marché, les rues sont bondées, il y a des odeurs de toaka gasy, d’aliments préparés par les gargottes et de fruits, de viande… Il y a une activité débordante dans les rues, des taxis brousse de partout.

Je pars en mission pour chercher du miel, du bon toaka gasy et des écrevisses. Pour le miel, j’en ai trouvé un que tout le monde me dit que j’ai payé trop cher (bah oui, je suis une vazaha et j’ai pas souvent le réflexe de négocier le prix), mais il est bon et les rayons n’ont pas été laissés dans la bouteille. Pour le toaka gasy, je suis allée à la gargotte où j’ai mangé tous les jours, chez Mme Beby. Elle cuisine très bien, elle est très accueillante et a un très bon rhum, le lait est délicieux (un autre goût que le lait stérilisé UHT demi écrémé)… Enfin, pour les écrevisses nous avons trouvé qu’une collectrice (c’est pas la saison des écrevisses), et Jonah m’a dit de pas les acheter parce que c’était trop cher. Je suis son conseil mais après coup, j’ai réfléchi et ce n’était pas si cher.

En ce qui concerne les 2 traducteurs que j’ai eu, c’est assez marrant de voir à quel point ils étaient différents… Tahiry était très sympa, on a bien rigolé et on a discuté. Mais pour les enquêtes c’était pas trop ça. Jonah en revanche est exactement le contraire. Je me suis fait chier avec lui, impossible de discuter (c’est pas faute d’avoir fait des efforts), mais bizarrement il était bon pour les enquêtes, Heritiana l’attendait au tournant (il trouvait qu’il s’exprimait pas assez bien en français) mais il a été agréablement surpris par la qualité de la traduction…

La fin de cette semaine là a été occupée par la saisie de mes enquêtes.

Andranomafana (20°14'04.1"S, 47°32'34.2"E)

J’avais rendez vous avec Heritiana à Miarinavaratra le lundi, avant midi pour aller à ce village et qu’il puisse m’y introduire… Toujours personne à midi, après manger nous sommes partis avec Jonah en suivant la route, au cas où… Là bas j’ai trouvé à l’école un chef fokontany qui nous attendait depuis la veille ! Je dois préciser qu’il avait fait préparer un logement aussi ! argh… Je me confonds en excuses en maudissant intérieurement Heritiana. Sur le moment il y a des gens qui m’attendent mais personne qui cultive dans la forêt… il y a eu un souci de compréhension sur cela. Bref il n’y aura personne avant le lendemain qui cultive à Sakalava. Pour le souci de compréhension, il me disent que c’est de leur faute parce qu’il sont pas assez cultivés, ce genre d’excuse me rend malade, non seulement ces gens n’ont pas l’air de trop m’en vouloir, mais en plus ils me disent que c’est de leur faute…

On rentre un peu déçus avec Jonah. J’aurais bien été faire trempette dans la piscine d’eau chaude (eh oui Andranomafana signifie qu’il y a des eaux chaudes), mais il y a vraiment trop de monde.

Je retourne faire mes enquêtes le mardi. Après ma première enquête j’entends une moto qui arrive… tiens tiens. Là je crois qu’il y a eu la plus grande incompréhension interculturelle avec Heritiana. Pour lui c’était pas grave que les paysans aient attendu, bon c’est vrai qu’on est à la campagne et qu’il y a beaucoup d’impondérables, mais sachant que j’aurais pu y être ce genre d’argument m’irrite plus qu’autre chose. Cela m’énerve d’autant plus qu’à la fin de mes enquêtes, les paysans m’offrent une sobika de riz et une demi douzaine d’œufs de canard qu’ils avaient préparé pour que je puisse manger en restant dans leur village.

Ambolotara (20°13'44.0"S, 47°31'26.5"E)

Hervé est allé voir un site de restauration nommé Iaramena, nous avons donc suivi avec Jonah la route jusqu’à Miarinavaratra. Il y a deux côtes balèzes, pour la première j’y suis allée doucement (pour chauffer les muscles), mais pour la seconde, près de l’arrivée je me suis lâchée (histoire de faire un peu de cardio). On avait rendez vous avec Heritiana à 10h à Miarinavaratra (20°13'00.1"S, 47°30'01.8"E) où nous pourrions poser nos bagages avant d’aller à Ambolotara. Nous avons vu Lalaina qui est arrivée avant Heritiana, nous avons posé nos bagages dans une autres chambre du gîte communal (3e étage du bâtiment de la commune). Heritiana est arrivé comme une fleur à 12h derrière le motif de l’heure malgache et que le rendez vous était à 11h, sur le moment ça m’a très énervé…

Bref nous sommes allés à Ambolotara, en moto. Sur place, il y avait une exhumation (famadihana). J’ai donc pu avec Heritiana faire une enquête avec un ancien du lignage Zanakatovo, dont la plupart des cultivateurs de Sakalava se réclament. C’était extraordinairement intéressant. Une femme m’a même proposé d’assister à l’exhumation elle-même mais j’étais entrain de faire cette enquête…

J’ai pu voir Chris, le volontaire de Peace Corp qui travaille à Miairinavaratra.

Je suis retournée le samedi à Ambolotara avec Jonah pour les enquêtes. Pour le dimanche j’ai rien fait du tout, je suis restée à Miarinavaratra. Si avec Jonah, nous sommes allés nous promener vers la colline la plus haute autour de Miarinavaratra.