mardi 5 août 2008

Ambenanindrano (20°10'47.9"S, 47°33'34.5"E)

Ici, Hervé nous a rejoint car il avait à faire à Miarinavaratra. On a logé là où il loue : une petite chambre avec un lit en bois (quand je dis ça c’est que le lit n’a pas de sommier, il est recouvert de bois et ya pas de matelas). Il s’est arrangé avec Jonah pour dormir (l’un sur la table et l’autre sur le « lit ») dans cette chambre alors qu’il a négocié pour moi un petit lit à l’étage.

Le premier jour, le président de fokontany était au marché à Miarinavaratra, donc pas d’enquêtes. Après, le lendemain, j’ai fait deux enquêtes, mais parce qu’il faisait obstruction, Hervé m’a confirmé après qu’il y avait bien plus de cultivateurs de Sakalava dans ce village, mais bon comme j’avais décidé de passer par les chefs fokontany, c’est le genre d’inconvénient qu’il peut y avoir…

Tratrambolo (20°12'51.7"S, 47°38'3.5"E)

C’est le trajet le plus long que nous ayons fait, 3h30 à travers les collines. Lalaina est rentrée à Fandriana le samedi, donc nous avons continué seulement mon traducteur et moi-même. Mais j’ai appris plus tard que le guide que nous avions, qui est un membre de l’association d’Ampitambe, a dit à Lalaina que j’avais un bon rythme de marche. Arrivés à Tratrambolo, nous sommes allés chez Rakoto (comme d’hab’). Sa femme nous a très bien accueillis, dommage que je ne parle pas malgache car j’aurais bien aimé lui exprimer plus ma gratitude car elle a toujours été très gentille et très avenante avec moi, pour moi elle est l’incarnation de l’hospitalité malagasy. Hervé, l’animateur de la zone est arrivé une heure après nous, sur sa moto bleue.

J’ai pu voir le jour même le président du fokontany de Tratrambolo et le jour même j’avais 2 enquêtes. Le lendemain il a été convenu que je ferai mes enquêtes dans le bureau du fokontany, au plus près du marché, parce que oui, à Tratrambolo, le mardi c’est marché.

Le président de fokontany s’est tellement plié en quatre pour mes enquêtes que j’en ai fait 6 et Hervé 2, ce qui fait en tout pour Tratrambolo 10 enquêtés ! Il devait nous accompagner pour le village suivant mais était en retard de plus d’une heure, donc c’est un des fils de Rakoto qui nous a guidés.

Ampitambe (20°16'40.5"S, 47°35'28.5"E)

A deux heures de marche environ de Kirisiasy, nous sommes allés dans une école où Lalaina avait une réunion avec une association locale. Cela m’a permis de faire 2 enquêtes (enfin moi une et Lalaina une autre) et de rencontrer le président du fokontany. Il nous a guidé ensuite sur le lieu d’un essai de plantation d’arbres autochtones… on ne peut pas dire que c’était un succès. Il nous a racompagnés jusqu’à un bac, et en attendant que le bac soit de retour sur la berge où nous étions, il nous a offert des pommes cannelle, tout à fait délicieuses. Ce sont les fruits d’annonacées, à Madagascar il y a plusieurs noms car tous les arbres de cette famille produisent des fruits comestibles, donc pas tout à fait le même goût et la même forme, en fait j’ai appris après que ceux là s’appellent aussi cœurs de bœufs et que le gens disent pas comme cannelle mais plus quelque chose comme pocanel.

Le soir nous sommes allés à Andraikoka (20°16'40.7"S, 47°32'27.4"E), le village où se trouve le siège de la commune de Betsimisotra. C’est un cas de figure assez spécial, en général la commune (a peu près la taille d’un département) porte le nom de la ville où elle est implantée, mais là les noms sont différents car en fait les fokontany se sont battus pour avoir le siège de la commune, le nom même de Betsimisotra reflète cela. Nous avons logé dans une grande maison abandonnée où il y a deux grands lits, une douche dans la maison d’à côté et un petit restaurant… grand luxe !

Nous avons pu faire les enquêtes sans soucis.

J’espérais voir le maire de Betsimisotra le dimanche car on m’avait dit qu’il serait là, mais… le dimanche on a appris qu’il était en chemin pour Fianarantsoa…

Kirisiasy

Départ le 9 juillet de Fandriana, un mercredi. C’est ce jour là que j’ai reçu ma première lettre à Madagascar ! (merci Misette, ta carte m’a fait très chaud au cœur). La voiture qu’Apollinaire a louée pour la semaine me dépose ainsi que Jonah et Lalaina (une animatrice du projet qui a le même âge que moi) au plus près de Kirisiasy, soit à 1h30 de marche. Bah oui, un pont a été coupé par le cyclone, donc impossible de se rapprocher plus. Nous prenons un bac, enfin je crois que le terme de pirogue serait plus approprié mais comme tout le monde transporte des tas de choses (y compris des véhicules) j’aime bien en parler comme un bac. De plus la traversée est beaucoup moins effrayante qu’à Besofina : la pirogue est beaucoup plus large. Nous arrivons pour un déjeuner un peu tardif à Kirisiasy !

Kirisisasy (20°17'38.8"S, 47°37'59.5"E) est un village très spécial : c’est un habitat très groupé : une vingtaine de maisons autour d’une grand rue dans laquelle se déroule le marché. On y arrive d’ailleurs la veille de ce marché. On logera chez Mme Bla, une sœur de Lalaina. A trois dans un petit lit deux place, heureusement que c’est que pour 2 nuits.

En ce qui concerne le travail, j’ai prévu d’être introduite par le chef fokontany et qu’il m’amène ensuite des personnes à enquêter. Petit souci, le chef fokontany est décédé 2jours avant… J’ai donc pu faire que 2 enquêtes vraiment, le jour du marché, mais avec des gens d’ailleurs (même pas de la même commune), la veille j’avais parlé avec un notable et ancien du village (un des fondateurs à vrai dire), mais il était un peu saoul. J’ai appris plus tard que les cultivateurs de Kirisiasy n’avaient pas voulu faire partie de mes enquêtes parce que le maire avait demandé une liste écrite des personnes cultivant dans la zone…

Toujours est il que ce séjour à Kirisiasy ne m’a pas fait particulièrement aimé ce village. Je le trouve sale, et je me suis pas du tout sentie accueillie. A Madagascar (et plus particulièrement en zone rurale), quand tu as la peau blanche (un vazaha quoi) on te fixe du regard, jusque là normal, mais à Kirisiasy, je trouve qu’il y une certaine suspicion en plus, enfin, je sais pas trop vous expliquer, mais ça met encore plus mal à l’aise. Peut être pour que vous compreniez mieux, ce village a été construit pour le commerce du rhum artisanal (le toaka gasy), et, comment dire, ce n’est pas particulièrement légal.

Bref j’étais contente de partir !

Préparation du terrain.

Mon programme était simple : du 9 au 23 juillet à enquêtes en brousse, 30 et 31 juillet à réunions de restitution auprès des paysans.

Pour réaliser des enquêtes, il me fallait un traducteur… je voulais un traducteur plus qualifié que le précédent, j’ai donc du utiliser mon pauvre réseau de connaissances pour trouver quelqu’un qui parle bien français : j’ai harcelé Vincent et le couple de français : Marlène et Sébastien, ce sont ces derniers qui ont réussi à me trouver quelqu’un : Jonah. Comme il habite Ambositra, on a fait un pitit détour en rentrant de Tana pour que je le voie avant de commencer le travail. Je vais vous raconter mes aventures ensuite village par village et je vous fournis les coordonnées GPS de manière à ce que ceux qui veulent se tripper sur Google Earth puissent se lâcher. J’ai fait deux fokontany de la commune de Betsimisotra (Kirisiasy et Ampitambe) et quatre à Miarinavaratra (Tratrambolo, Ambenanindrano, Ambolotara et Andranomafana).

Conférence de transferts de gestion

Cette conférence se tenait à l’école d’agronomie de Tana, au sein de l’université. J’ai pu passer du temps avec Nâne, dire au revoir à Vincent et rencontrer plein de nouveau monde avec JB.

Parmi ces gens j’ai sympathisé avec une étudiante anglaise qui parle très bien français, Stéphanie, et Vola une étudiante malgache en anthropologie, Aurélie aussi, une thésarde de l’INA qui soutiendra en décembre (j’y serai !) et Laura une étudiante de l’ISTOM qui fait son stage avec Georges à Ranomafana.

Niveau chercheurs, j’ai discuté avec plein de beau monde. J’ai pu voir de nombreux chercheurs de l’IRD, notamment Georges (Serpantié et non pas mon tuteur) et Dominique Hervé. D’ailleurs j’ai eu de la chance car Georges a proposé de me raccompagner à Fandriana, et hop, un trajet de taxi brousse en moins et la chance de pouvoir discuter avec un agronome des questionnaires que j’allais réaliser. Je dois dire que parler avec lui de mon stage m’a fait le plus grand bien.

Fin pratique du stage.

Je vous écris là, le 2 août 2008, oui, je sais que ce message ne sera posté que plus tard (mais dans pas si longtemps que cela). En fait je pensais relater mes aventures juste en rentrant de terrain, mais en fait ça a été un peu le rush… Bah oui, l’objet de ma troisième descente sur terrain était de faire des enquêtes auprès des paysans qui cultivent dans la forêt dans leurs villages d’origine…

Donc je vais reprendre tranquillement depuis les dernières nouvelles, c'est-à-dire lorsque j’étais à Tana pour la conférence sur les transferts de gestion.