dimanche 4 mai 2008

Krisiasy

Oui bon je sais la photo est pas terrible, le truc c'est qu'il n'y avait plus de luminosité donc j'ai du la retoucher sous paint shop pro et comme le nom ne l'indique pas je suis pas du tout un pro de la retouche d'image... désolée.

Le samedi nous sommes donc allés vers Krisiasy, un villages plus important (il y a des commerces et deux hotels). Nous sommes ressortis de la forêt rapidement pour marcher dans les collines. Cette zone est importante pour notre tour de terrain car il y a des lambeaux de forêts qui s’alignent quasiment pour reconstituer un bras forestier entre le corridor et une zone de forêt isolée du corridor. Nous avons fait un petit détour avec l’un des guides pour voir à partir d’un point haut cette configuration.

Nous avons mangé et siesté sous un eucalyptus. J’ai peut être oublié de le mentionner, mais Heritina déteste marcher, donc pour lui une demi journée de marche c’est largement suffisant pour la journée. Nous sommes arrivés à Krisiasy dans le milieu de l’après midi. C’est vraiment un tout petit village. Nous avons attendu Appolinaire que nous devions retrouver. Au moment de payer les guides porteurs, nous avons au toaka gasy (rhum), ça a rien à voir du tout avec le rhum que l’on peut trouver dans le commerce, le goût est plus sucré et je sais pas il y a un autre truc dans la goût je saurais pas dire quoi, en tout cas il est pas moins fort. On a dormi dans une petite maison mais pour se laver, si à Tratrambolo on a pu se déshabiller à la rivière, là c’était hors de question parce qu’on était juste à l’entrée du village, c’est pas bien vu de se désaper comme ça en public. Donc le lendemain je me suis ramené un seau d’eau à la petite maison et je me suis lavée avec un gant… faut improviser. A Krisiasy, les toilettes sont fermés à clé, il faut à chaque fois demander la clé aux dames du restaurant/hotel, à Tratrambolo, c’était plus facile, ya une petite cabane avec des planches de bois mais tout le monde peut y aller.

Dimanche nous avons fait un tour vers un endroit que les gens de Krisiasy nomment aussi Sakalavo, c’est là que nous avons compris que ce devait être la vallée qui devait se nommer ainsi. Dimanche après midi en revenant à Krisiasy, nous avons appris qu’Appolinaire était passé mais avait continué vers un autre village… Lundi nous avons donc fini notre tour pour se rendre à Besofina. C’était important car cela nous a permis de traverser une forêt isolée du corridor qui est entrain de se faire miter par l’agriculture et les feux de brousse pour faire une description très rapide, et où apparemment une population de lémuriens a été coupée du reste du corridor.

Nous avons attendu a voiture à Besofina, elle était dejà passée le matin, mais était partie chercher Appolinaire dans l’autre village. Nous avons donc mangé après avoir traversé la rivière. Seul pitit problème, le pont de la rivière a été emporté par le cyclone il y a 2 ans, donc la traversée se fait dorénavant en pirogue, mais celle-ci est particulièrement étroite…

Enfin, pendant le repas, nous avons entendu une voiture arriver, en effet un énorme land rover Defender arrivait aux couleurs du WWF.

Sakalavo


C’est une vallée que nous avons eu du mal à placer sur la carte au début. Progresser sur le chemin est assez difficile, entre les champs de canne à sucre, arachide, patate douce et jachère (savoka) de différents âges.

Vendredi il faisait moche, le crachin (digne de la Bretagne) trempait vraiment heureusement que j’avais mon poncho de pluie. On est arrivés à une case à peine plus loin que là où nous étions allés la veille sur les coups de midi. Nous y avons passé l’après midi et la nuit, il faisait trop moche pour faire quoi que ce soit. J’espère qu’il n’y aura plus de temps comme ça quand il s’agira de faire les inventaires… Heritina a parlé avec les paysans pour la pépinière, pendant que nous séchions un peu.

Tratrambolo


M. Rakoto, un paysan nous accueille chez lui, nous ne devions pas loger ici il me semble. Il nous demande un peu de temps pour ranger la pièce qu’il nous met à disposition. Il y a un lit, Heritina dort dessus et nous les stagiaires nous avons dormi par terre. Avant cela nous voulions donner du riz pour que M. Rakoto nous le prépare… manque de bol encore… héhéhé, nous avons oublié et les victuailles et les affaires de Heritina à Miarnavaratra… Il ne nous reste que des brèdes (feuilles qui ont un goût un peu à mi chemin entre de l’épinard et la laitue je trouve).

Nous devons nous organiser, après discussion, Heritina ira à Miarnavaratra pour récupérer tout ça pendant que des guides nous emmèneront jusque Sakalavo un lieu dans la forêt où des paysans cultivent la canne à sucre pour le toaka gasy (rhum). Nous avons marché 3h aller 2h30 retour, le but était de ne pas rentrer trop tard (en tout cas avant la tombée de la nuit). Il faut savoir que le paysage dans cette zone est fait de collines couvertes d’une savane que je qualifierais plutôt de lande. La progression dans cette zone se fait facilement. Mais dès que l’on arrive dans les zones encore forestières, les sentiers sont plus abrupts avec des obstacles, ce sont les rigoles de déversement lors des pluies, la boue est très glissante…. C’est beaucoup plus sportif… Autre détail dans le paysage de collines, la progression se fait bien, mais entre 2 collines, il y a le bas fond en général dans lequel passe une rivière : les ponts sont assez sommaires, et quand c’est juste un tronc pas très large… c’est pas très très facile avec les chaussures de montagne et quand on est aussi adroite que moi… Mon genou gauche s’en souvient…

Pour le midi nous avons à nouveau emprunté du riz et le midi, pour aller avec le riz, les guides on récolté des feuilles de patate douce, c’est pas mauvais du tout.

Le soir, nous avons attendu Heritina, comme il ne venait pas on a demandé à M. Rakoto de réchauffer le riz (en gros le recuire dans de l’eau bouillante). On a dormi dans le lit. Heritina est arrivé le vendredi matin. On est repartis pour Sakalavo avec lui car il devait voir des gens pour mettre en place une pépinière.


Mercredi 23, la journée de la poisse !

Mercredi matin, levée bon pied bon œil, toutes les affaires que je n’emporte pas sur le terrain sont déposées au WWF, les courses sont faites (14kg de riz !).

Une super 5 bleue est chargée de nos affaires… elle est carrément en très moyen état. Bah, ce que je me dis, c’est pas l’aspect extérieur qui compte, c’est plutôt le moteur. Nous partons donc cahin-caha sur la piste en direction de la forêt. Le sport national dans les taxis et la plupart des véhicules est de couper le moteur en descente et de le remettre en route que lorsque c’est vraiment nécessaire.

Au bout de 20 minutes de voiture je dirais, la voiture cale… Le conducteur s’empresse d’ouvrir le capot, touche 2 3 trucs, puis aspire ce que je suppose être de l’essence un peu comme quand on veut user de l’effet siphon… Bref, la voiture redémarre, mais pue bien l’essence comme il faut. Plusieurs fois elle recale comme ça puis redémarre. On en profite pour faire un tour avec ma collègue stagiaire, pour se dégourdir les jambes… A l’une de ces pannes, Heritina nous propose de marcher un peu. Il y a un soleil de plomb, je me crème de solarise et prends une bouteille d’eau, lunettes de soleil et chapeau. On marche avec ma binôme, c’est de la montée, on papote école, famille… Puis on arrive à un col. On se dit quand même qu’il ne faudrait pas tellement plus avancer si jamais ils ne redémarrent pas la voiture. Comme pour nous le confirmer, nous n’étions pas arrivées depuis 5 minutes qu’un mec en vélo nous dit que nous devons redescendre… La voiture n’avait pas bougé… Heritina nous dit que nous faisons demi tour et que nous allons à Miarnavaratra pour changer de voiture. Manque de pot la voiture tombe ne panne de ne même plus vouloir de démarrer avant même d’arriver à « bon port ». On fait une pause fruits quand même, j’avais jamais mangé un ananas en tenant pas les feuilles et en croquant à pleine dents dans le fruit épluché au couteau. Bref Heritina va à pied à Miarnavaratra pour chercher une dépanneuse. En fin de compte on mange là bas. Heritina s’est aussi débrouillé pour nous trouver une voiture pour faire les 20 Km qu’il nous reste à faire en voiture…

Sur les coups de 15h, une voiture arrive. Entre temps nous avons stocké nos bagages et victuailles à la mairie. Nous avons été introduites auprès du maire adjoint, et on a visité la pépinière municipale aussi où ils essaient de reproduire des essences autochtones, mais ça ne marche pas trop bien. Nous rechargeons nos affaires dans une 404 pick-up merveilleusement entretenue. Le voyage se passe bien sauf une crevaison. Nous arrivons à la tombée de la nuit (donc 17h30) à Tratrambolo un tout petit village plus très loin de la forêt.


Trajet du mercredi 23 au lundi 28 avril


Désolée, cette carte n’a pas d’échelle, c’est mal. Et puis les localisations sont très approximatives, donc dès que j’ai téléchargé Google earth, je vous mettrai les points GPS. Je vous fait quand même une petite légende: vert = marche à pied, orange=voiture.... pour l'échelle Fandriana - Tratrambolo = 40km environ...


WWF Fandriana

Fandriana est une petite ville de la région Amoron’i mania (chef lieux : Ambositra). Il n’y a pas Internet mais le téléphone passe bien et on peut acheter quasiment tout ce dont on a besoin.

L’hôtel dans lequel nous sommes logées s’appelle Sariaka hôtel, il donne directement sur la place du marché. Il suffit de traverser le marché pour se retrouver au WWF, une grande bâtisse bleu clair à l’opposé du marché par rapport à l’hôtel. Les bureaux se trouvent au rez-de-chaussée.

Les 3 personnes qui sont là sont : Appolinaire, le chef du projet, Heritina, le socio organisateur de l’Ouest, et Lanto, la secrétaire.

Appolinaire travaille la semaine à Fandriana et dès qu’il peut rentre le week-end voir sa famille à Tana. Il a des traits très africains. Il est sympa, mais parfois, j’ai l’impression de parler pour ne rien dire pendant une heure avant de prendre une décision, la discussion entre temps n’ayant pas apporté grand chose… faudra que je m’adapte, j’ai pas trop l’habitude de parler comme ça. C’est un ancien de l’ESSA département forêt (l’école d’agro de Tana).

Heritina est aussi un ancien de l’ESSA mais s’est spécialisé en agro management. Sont travail est de rentrer en relation avec les associations, les maires… de la partie ouest du corridor. Il a travaillé à la mise en place de pépinières municipales, à des plantations… Il est basé à Fandriana mais doit régulièrement aller sur le terrain. Il est fan de moto (il a appris à conduire en 3j tellement il en avait envie selon ses dires). Heritina tchatche beaucoup mais il est très sympa, notre descente sur le terrain s’est bien passée grâce à lui, même si ça a pas forcément été rigolo tous les jours…

Lanto est une dame très gentille. Elle s’occupe de toute la paperasse un peu étouffante du WWF (une bureaucratie encore pire que l’administration publique apparemment). Je n’ai pas trop eu le temps de faire connaissance avec elle avant de descendre sur le terrain, mais après j’ai pu passé un peu de temps avec elle, elle a une bonne humeur très communicative et veut m’inviter chez elle.

En gros avant de descendre sur le terrain, nous avons eu en gros une présentation du projet par Appolinaire et Heritina, puis il s’est agit d’organiser notre descente… A la base, Appolinaire voulait que nous descendions avec lui à Ambodivoara, côté Est du corridor le mardi, mais en fait nous sommes parties le mercredi avec Heritina pour voir différents sites sur la partie ouest. A la base nous devions partir en moto, avec les bagages de 3 personnes plus le matériel pour cuisiner sur le terrain et les vivres… perso, ça m’a fait halluciner, mais en fait nous sommes partis en voiture.

Oui, j’ai oublié de vous préciser, Fandriana, c’est à une bonne quarantaine de kilomètres de la forêt. En soi c’est quand même plutôt intéressant d’établir le bureau dans un coin a peu près accessible, mais le vrai souci est le moyen alloué au projet… Il n’y a qu’une moto pour le projet, et pas tellement plus de moyens mis à disposition quand il y a des stagiaires… La voiture qui est venue nous chercher à la fin de notre marche c’était apparemment du genre exceptionnel. Ça, ça me fait vraiment bader, comment voulez vous qu’un projet puisse fonctionner correctement si déjà aller voir les personnes impliquées par le projet est une aventure en soi ! On va voir comment ça se fera les prochaines fois…


Trajet Tana-Fandriana

Le dimanche 20 avril, avant de partir, j’ai passé une partie de l’après midi avec Suzie, on est allées au Sakamanga… mortel, l’endroit est vraiment chouette et la cuisine délicieuse, la carte en elle-même donne faim et même un plat assez simple est délicieux (j’ai pris du poisson parce que je n’en avais pas encore mangé depuis mon arrivée à Madagascar). On a un peu traîné, un peu de ballade après, on est retournées au cyber… tranquille.

Appolinaire est passé me prendre à l’hôtel sur les coups de 17h30-18h. On est allés en taxi à la gare d’Anosy, la gare de taxi brousse en direction du Sud. On a du partir vers 19h ou 18h30 je sais plus trop et là… 7h de route ! en gros nous sommes arrivés à Fandriana sur les coups de 1h du matin. Le taxi brousse ou taxi bé (comprendre grand taxi) est un minibus plus ou moins gros (du Mazda que l’on retrouve sur les lignes de bus de Tana, à des véhicules beaucoup plus gros) Les bagages sont empilés et bâchés sur le toit. Nous avons pris place avec Felana et Appolinaire sur la banquette juste derrière le conducteur. On devait être une douzaine de personnes dans le taxi. Il faut savoir que la route est particulièrement mauvaise, que la place pour les pieds n’est pas facile à trouver, donc que le voyage est un peu fatiguant… Mais bon, Appolinaire a réveillé la dame de l’hôtel, ce qui nous a permis ensuite de faire un gros dodo dans un lit.